Une Anthropologie Réflexive La Rencontre Avec Les Sans-Abri

Razy É, Suremain Ch-É. De Pache Huber V 2012. Anthropologie de lenfance et des enfants à travers le mondeAnthropology of Childhood and Children worldwide, AnthropoChildren 1 women, Women and Health, vol. 16, n 1, 1990, pp. 43-62 Ajoutons que certaines structures dhébergement collective restent perçues de manière très négatives par les personnes sans domicile du fait même des conditions dhébergement de masse qui constituent une véritable épreuve dans la carrière de survie gestion collective du temps et de lespace, regard omniprésent dautrui, négation des liens affectifs et sexuels, etc. Dautre part et contrairement à ce que lon pourrait penser, les personnes sans domicile ne sont pas sans abri ou sans logement tout au long de leur carrière mais font plutôt lexpérience dune carrière du logement précaire : Lensemble des déclinaisons de lhabitat précaire fait partie de lexpérience de la survie. Selon les lois du provisoire et de laléatoire, internes à lorganisation des structures, la multiplication des solutions transitoires dhébergement est fréquente. A celles-ci il faut ajouter encore, lhospitalité des amis, de la famille, des nouvelles compagnes ou des nouveaux compagnons P. 193 Prendre place au sein du circuit dassistance, cest donc sinscrire dans un espace, dans un réseau de survie, entretenir des liens avec les collègues, qui partagent les routines de la survie, que lon côtoie par habitude ou nécessité, et les compagnons de routes, sur qui lon peut compter et avec qui lon entretient des liens plus personnels. Cest aussi constituer un réseau relationnel à lintérieur du circuit dassistance avec les intervenants sociaux travailleurs sociaux, médecins, bénévoles, agents administratifs, etc. Sortir de la rue? BONNIOL.J-L 1992. L a couleur comme maléfice. Une illustration créole de la généalogie des Blancs et des Noirs, Albin Michel, Paris. une anthropologie réflexive la rencontre avec les sans-abri Les termes se sont succédé depuis quarante ans : petites structures dispersées 1940-1960, décentralisation de la Maison années 1980, éclatement en petites unités années 1990. 20 La décentralisation confère les obligations concernant les populations dites en difficulté à l Barreyre J-Y. Et Bouquet B. Dir, 2014, Nouveau Dictionnaire critique de laction sociale, Paris, éd Bayard. Il est clair que linteraction entre chercheur et acteurs est toujours contextualisée: Il est seulement déviter certaines médiations et certains cadres qui préorientent trop strictement la rencontre. Ainsi, ayant pris le parti de les rencontrer dans la rue, une première difficulté fut pour moi déviter denfermer les acteurs au devant desquels jallais, dans un seul territoire social, en loccurrence, dans le monde clos des sans abri. PARSELL Cameron, home is where the Housing is : The Meaning of Home Jai rencontrà Louis et ses voisins, comme se nomment les personnes qui partagent son quotidien, sous les ponts de la Seine à la hauteur de Villeneuve-la-Garenne, à lextrême nord du dÃpartement des Hauts-de-Seine. Dans un bar, à proximitÃ, on mavait parlà de ces clodos quhabitent sous les ponts. Javais dÃjà fait des rencontres sans effort, par exemple avec Jean-Pierre, au centre-ville de Clamart, sur le parvis de la mairie, un espace public qui lui donnait une visibilità sans discrÃtion. Ici, sur les bords de Villeneuve-la-Garenne la Seine marque une des limites de cette commune, mes futurs interlocuteurs Ãtaient dissimulÃs par des plantes et des terrains vagues, et jai dà faire naÃtre en moi un esprit de chasseur. 41Dans cet exercice, lespace devient le sujet à photographier, le signifiant, le discours sur cet espace le signifié, et lappareil photographique un objet transitionnel dans la situation dentretien. Dans tous les cas, nous avons remarqué que le choix du type dappareil photographique avait son importance. Daniel vit avec un petit pécule et ça lui suffit. Bientôt jaurai un petit bout de retraite. Et puis je suis libre!. Ça ne ressemble pourtant guère à la belle vie. Moving walls are generally represented in years. In rare instances, a une anthropologie réflexive la rencontre avec les sans-abri Taylor C, 1998, Les sources du moi, Paris, Seuil. une anthropologie réflexive la rencontre avec les sans-abri Liliane Gabel, Si lexclusion métait contée, éd. Les points sur les i, 2007. 31Pour ce qui concerne les droits des enfants et des parents, jétais critique à légard de la position, revendiquée par de nombreux chercheurs, consistant à privilégier le respect et la protection de lenfant au détriment de la prise en compte du point de vue des parents et des pratiques locales. Cette mise à lécart des parents me semblait particulièrement problématique dans le cas de familles stigmatisées et disqualifiées. Mon effort a été celui de respecter à la fois le droit des enfants à sexprimer et celui des parents à avoir un rôle dans les décisions concernant leurs enfants, y compris leur souci de les protéger dune relation denquête. Pouvais-je marroger le droit de tracer la ligne de démarcation entre le droit de lenfant et celui des parents? Quel droit avais-je dinterférer dans ces décisions concernant des enfants qui étaient pour moi jusqualors des inconnus? Au cours de la relation denquête, laffaire sest avérée bien plus épineuse et la prétention de pouvoir toujours respecter les droits des uns et des autres est rapidement devenue irréaliste. Si, pendant la négociation de ma place sur le terrain, je me suis intégrée suivant les règles à la base des rapports sociaux de sexe et dâge, je me suis par la suite retrouvée dans limpossibilité de concilier des points de vue manifestement divergents. Ma ferme intention de prendre en considération et de respecter les droits des enfants et des parents sest avérée particulièrement problématique compte tenu des tensions intergénérationnelles qui caractérisaient les relations familiales et interfamiliales. Mes interlocuteurs privilégiés, femmes, jeunes filles et enfants, occupent les échelons les plus bas des rapports hiérarchiques au sein de la famille élargie. Avoir accès à leur point de vue sur des questions délicates impliquait nécessairement de dépasser les limites qui métaient imposées par les hommes. Je me suis retrouvée, en tant que chercheuse, mêlée aux contradictions propres aux rapports de pouvoir qui règnent au sein des familles. Jusquà quel point respecter ces dynamiques de domination? Les subvertir signifiait-il faire appel à un autre rapport de pouvoir, celui entre une chercheuse et ses interlocuteurs? Tout choix mapparaissait comme éthiquement problématique. Cest la raison pour laquelle, plutôt que de trancher cette question une fois pour toutes, jai préféré, lors de la rédaction de la thèse, restituer la manière dont javais pu faire face à cette interrogation pendant les différentes phases de lenquête, depuis la négociation dune place sur le terrain jusquà lécriture en vue de la restitution de lenquête à mes interlocuteurs. Jai souvent pris le parti de trahir les hommes qui mavaient ouvert les portes de leur foyer pour me rendre complice de leurs femmes et enfants, leur accordant le droit de choisir de partager avec moi ce quils souhaitaient. Ces transgressions mont valu des réprimandes et des moments de tensions. Si le fait dapparaître dans une recherche scientifique peut constituer une recherche de reconnaissance sociale Béliard Eidelimann 2008, je doute que les tensions que ma présence a engendrées et les doutes que nos conversations ont soulevés chez les jeunes filles aient représenté un quelconque bénéfice pour elles, au moins sur le court terme. FranÃois a 40 ans. Fils douvriers agricoles, il a travaillà comme mÃcanicien pendant quinze ans, il est actuellement en fin de droits. Marie, 40 ans Ãgalement, a travaillà de 20 ans à 35 ans comme ouvriÃre dans une filature de textile, suivant ainsi sa mÃre qui avait Ãtà couturiÃre en usine pendant toute sa vie. Bernard 60 ans, a travaillà comme technicien pendant vingt-cinq ans dans une unità de gÃnie militaire à Metz. Christelle a 45 ans. Fille de paysans, elle a Ãtà mariÃe à un ouvrier de lusine Renault, un copain de son pÃre, qui la battait. Elle sest mise à travailler lorsquelle a abandonnà le foyer conjugal, elle a travaillà alors comme employÃe dentretien dans un hÃtel. Elle a connu Louis par un ami commun et ils se sont mis ensemble. Je rejoins en cela la position dAline Caillet dont louvrage sur lart de lenquête sattache à mettre en avant la dimension proprement critique que cherchent à activer les pratiques artistiques quand elles se confrontent aux sciences sociales Op. Cit, p.12. Voir aussi: A. Caillet, Dispositifs critiques: le documentaire, du cinéma aux arts visuels, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014 et A. Caillet et F. Pouillaude, Introduction: lhypothèse dun art documentaire, art Cit., Parias urbains. Ghetto, banlieues, État, La Découverte, 2006. Numéro 23-décembre 2011 Analyser les présences au travail : visibilités et invisibilités Ce qui se joue dans cette reconfiguration, cest une redéfinition et une problématisation du réalisme. Les réalismes contemporains ne se définissent pas uniquement par la question de la représentation comment représenter le réel, mais par une interrogation quon peut qualifier dépistémologique et de méthodologique par quelles démarches produit-on des énoncés capables de décrire le monde et de le donner à penser. Ils interrogent la fabrique du réel, cest-à-dire la manière dont certains discours investis en vérité, à commencer par les discours scientifiques et journalistiques, informent ce que nous appelons le réel. La notion denquête, tantôt revendiquée, et tantôt mise à distance par les écrivains et les artistes, se voit ainsi mobilisée afin daffirmer une position singulière des productions esthétiques, qui les définit par rapport au journalisme et aux sciences sociales, et parfois contre ces modes de production de savoir. Dautres alliances entre chercheurs et professionnels de laide ont vu le jour de type recherche-action. Les situations contrastées entre les pays montrent tout lintérêt dune approche comparative. La dimension internationale des échanges permettra de mettre en perspective les travaux provenant de différents contextes : France, Europe, Canada, Québec, USA, etc. L empowerment, plus développé au Québec quen France avec lintégration des pairs-aidants dans les programmes daide, sera abordé dans une dimension critique en prenant appui sur des expériences concrètes : quelles réussites, quelles conséquences? Plus largement seront saisies les modalités du rapport entre recherche et action, ou encore du rapport de la recherche face à laction.